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L’abolition du numerus clausus dès la rentrée 2020 suscite bon nombre de débats et de fantasmes. Si on est bien loin d’en connaître les détails, les grandes orientations portées par la loi Santé présagent une diversification des profils de recrutement en formation.

L’homogénéité des profils étudiants en PACES remise en cause

L’un des points faibles de la PACES, se trouve dans la composition même des effectifs de ses amphithéâtres, rappelle l’ESEM France. Ici, on est soit issu d’un bac S (mention bien ou très bien), soit d’emblée rappelé à l’ordre par son choix d’orientation, sa catégorie sociale, son environnement… « Tu n’as pas eu de mention au bac ? » entend-on parfois les premiers jours passés dans l’arène, le ton chargé de jugement. Pourtant, des étudiants animés d’une solide motivation et d’une très bonne méthodologie de travail feraient d’excellents médecins.

1 Augmenter le nombre de médecins formés

En augmentant de 15 à 20% le nombre de médecins formés annuellement, Agnès Buzyn entend réformer la première année d’étude de santé en profondeur. Le profil lambda de l’étudiant en médecine est-il en voie de voler en éclats ? Sera-t-il possible d’entrer en médecine après un bac technologique ou via les admissions parallèles ? Autant de questions qui restent à ce jour encore sans réponses mais qui sont actuellement au cœur des débats.

2 Diversifier les voies d’accès

Il y a quelques mois, Jean Sibilia, président doyen des facultés de médecine laissait entendre que la nouvelle loi pourrait permettre à de très bons étudiants de passer en deuxième année ou en troisième année après un bac+3. Les méthodes de recrutement de ces nouveaux étudiants ne sont pas tranchées à ce jour, même si la piste d’examens écrits et oraux semble émerger.

Cette nouvelle sélection pourrait permettre d’obtenir des profils variés, plus humanistes, et même issus du numérique, qui représente naturellement un enjeu considérable pour la médecine de demain.

3 Repenser les concours

Concernant les examens, le concours qui sanctionnait jusqu’alors drastiquement les étudiants de la première à la deuxième année pourrait changer de forme…Et pour cause : le fameux QCM qui incitait les étudiants à répondre très mécaniquement pourrait même disparaître. Les aspirants médecins qui échouaient jusqu’alors à cet examen, non faute de capacités mais de stress intense, auraient alors plus de chances de passer le cap de la première année, note l’ESEM France. Attention : toutes ces mesures ne signifient pas que la sélection en cycle médical sera moins exigeante, seulement qu’elle sera mieux répartie au fil des années.